Vous êtes ici : AccueilPosition de l’APEHL quant aux projets de contrôle des insectes piqueurs

Actualités

Position de l’APEHL quant aux projets de contrôle des insectes piqueurs

Communiqué de presse     Position de l’APEHL quant aux projets de contrôle des insectes piqueurs

Mont-Laurier, le 2 novembre 2018 - L’Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) considère que le projet de contrôle des insectes piqueurs, envisagé par les municipalités de Nominingue, L’Ascension et par la ville de Rivière-Rouge, ne peut pas être compatible avec les principes de développement durable que prône la MRC d’Antoine-Labelle dans son énoncé de vision stratégique pour le territoire. À l’heure des grands défis environnementaux et au moment où la population réclame plus que jamais part des actions concrètes pour l’environnement, à un moment où les ressources municipales sont limitées et les besoins immenses, nous trouvons déplorable que des élus municipaux utilisent du temps et des ressources pour convenir du prix à payer pour éliminer tout un maillon de la chaîne alimentaire.

Nous ne croyons pas qu’il nous appartient d’éliminer des espèces en faisant de telles expériences sur les écosystèmes dont nous sommes responsables. Même s’il devait être prouvé hors de tout doute que le produit ne comporte aucun risque sur la santé humaine ou animale, cela n’y changerait rien : il est quand même question d’une modification importante des écosystèmes. Le projet serait indéfendable même s’il était financé par le privé, mais qu’il soit réalisé par le biais de fonds publics relève du scandale. Comment justifier, en 2018, qu’une municipalité investisse plus dans un tel projet que pour la réalisation de projets environnementaux? Est-ce bien là l’héritage que les conseils municipaux souhaitent laisser?

Le déclin de la biodiversité est constaté partout, en particulier chez plusieurs espèces insectivores comme les hirondelles, les martinets, les engoulevents, plusieurs espèces de chauve-souris et de nombreuses autres espèces. Le cas des hirondelles est très éloquent à ce sujet puisque plusieurs espèces ont récemment été ajoutées à la triste liste des espèces en péril au Canada. Parmi de nombreux exemples, notons seulement les conclusions du rapport Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L’Hirondelle de rivage Riparia riparia au Canada (2013), une espèce bien présente dans la région ayant subi un déclin de 98% de ses populations au Canada au cours de 40 dernières années. Le rapport identifie, parmi d’autres causes, l’utilisation généralisée de pesticides, qui réduit l’abondance des proies.

De plus, il convient ici de rappeler quelques principes de la Loi sur le développement durable qui doivent guider les décisions des organismes publics. L’APEHL considère que le projet contrevient notamment en particulier aux principes suivants :

« Efficacité économique »: l’économie du Québec et de ses régions doit être performante, porteuse d’innovation et d’une prospérité économique favorable au progrès social et respectueuse de l’environnement;

« Prévention »: en présence d’un risque connu, des actions de prévention, d’atténuation et de correction doivent être mises en place, en priorité à la source;

« Précaution »: lorsqu’il y a un risque de dommage grave ou irréversible, l’absence de certitude scientifique complète ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir une dégradation de l’environnement;

« Préservation de la biodiversité »: la diversité biologique rend des services inestimables et doit être conservée pour le bénéfice des générations actuelles et futures. Le maintien des espèces, des écosystèmes et des processus naturels qui entretiennent la vie est essentiel pour assurer la qualité de vie des citoyens;

« Respect de la capacité de support des écosystèmes »: les activités humaines doivent être respectueuses de la capacité de support des écosystèmes et en assurer la pérennité;

Nous estimons donc que d’un point de vue tant éthique que scientifique, le projet de contrôle des insectes piqueurs doit être abandonné et que face à de telles incertitudes sur ses effets, le principe de précaution doit s’appliquer. Nous sommes confiants que les municipalités prendront la bonne décision et participeront activement à la protection de la biodiversité.

-30-

Source :  Réal Richer
Président, APEHL

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.