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Nucléaire

Déclenchement d’un Bureau d’Audience Publique en Environnement (BAPE) générique sur la filière uranifère.

Communiqué de l'Association de protection de l'environnement des Hautes-Laurentides

Le gouvernement du  Québec, par l’intermédiaire de son Ministre du développement durable, de l’Environnement, des Parcs et de la Faune, M Yves-François Blanchet, vient de confier un mandat d’enquête et de consultation au BAPE sur l’ensemble de la filière uranifère, comme suite aux dernières élections provinciales l’avait évoqué son prédécesseur, l’ex ministre de l’environnement, le député Daniel Breton.

 

Malgré de récentes et inquiétantes tergiversations du PQ durant la dernière campagne électorale, par ce geste, le gouvernement du Québec est en concordance avec la position du parti politique au pouvoir. En effet depuis 2009, comme c’était aussi le cas de Québec Solidaire, le Parti Québécois avait comme position officielle d’instaurer un moratoire sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium pour l’ensemble du territoire du Québec. Grâce à la consultation populaire dans le cadre d’un BAPE générique, tous les citoyens et groupes d’intérêts devraient pouvoir faire valoir leurs points de vues sur ce projet qui engage de la société non seulement pour la durée de vie utile de quelques décennies d’un projet de mines d’uranium, mais pour toujours, car les déchets miniers radioactifs devront être gérés pour l’éternité par les prochaines génération.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Poser la question c’est y répondre. Et ce peut importe que ce soit pour des considérations environnementales, de santé publique ou même économiques. L’ensemble de la filière nucléaire est un gouffre sans fin de ressources financières publiques. Même le gouvernement canadien le reconnaît en soldant pour des peanuts Énergie Atomique du Canada Lté à SNC Lavalin qui vient d’hériter de la filière des réacteurs nucléaires CANDU. En cela, la mise en place d’un BAPE sur l’uranium est cohérente avec la décision du gouvernement de déclasser la centrale nucléaire Gentilly-2 pour sortir le Québec du nucléaire. Ce BAPE permettra d’examiner les risques pour le Québec qu’il puisse devenir le dépotoir canadien de déchets radioactifs par l’obligation éventuelle de devoir rapatrier les combustibles radioactifs usés des centrales nucléaires des pays qui achèteraient l’uranium québécois.

Cette bonne nouvelle a de quoi réjouir les membres de l’Association de Protection de l’Environnement des Hautes-Laurentides qui militent depuis 2006 en faveur d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium au Québec. En 2007 l’APEHL déposait un mémoire en ce sens dans le cadre de la première consultation gouvernementale sur la prochaine stratégie « minérale » du Québec. Depuis février 2007, M Sylvain Pagé, notre député de Labelle, est le premier député à avoir demandé à l’Assemblé Nationale un moratoire sur l’uranium.  Depuis, l’APEHL s’était jointe à différents regroupements tels que le Réseau québécois des groupes écologistes,  à la coalition Pour que le Québec ait Meilleur Mine et au mouvement Sortons le Québec du Nucléaire pour porter à l’attention de toute la population québécoise cet enjeu environnemental de santé publique.

Depuis le mouvement a pris une véritable dimension nationale par la formation de différents groupes citoyens dans diverses régions du Québec : Hautes-Laurentides, Outaouais, Côte-Nord, Baie-des-Chaleur, Minganie, et depuis quelques années en Jamésie, sur le territoire Cri conventionné de la Bai James, Eeyou Itschee.

Après des milliers de signatures de pétitions par des citoyens de ces régions, des dizaines de lettres d’appui d’organismes publics, plus de 340 résolutions municipales, tous ces actions de paroles citoyennes confirment la volonté populaire de mettre fin à cette aventure des boursicoteurs de compagnies d’exploration de l’uranium.

Le BAPE générique sur la filière uranifère instaure de facto un moratoire temporaire sur l’uranium tant que les conclusions de ce BAPE ne seront pas connus, empêchant la délivrance de nouveaux permis par le MDDEPF. Cela permettra de surseoir temporairement à la menace environnementale irréversible du projet d’exploration avancée du projet Matoush au nord de Chibougamau chez nos amis de la Nation Cris. Cette nation, par le conseil de bande Cri de Mistissini, en appui avec le Grand Conseil des Cris du Québec, a refusé de donner son accord au projet Matoush, consacrant la non acceptabilité sociale de ce projet minier.

Message de M Ghislain Picard, Grand Chef de Assemblé des Premières Nations du Québec et du Labrador, « La position prise par les Chefs, suite à mon engagement de soumettre une résolution à l'assemblée, en a été une de refus total de toute forme d'exploration et d'exploitation de l'uranium »

Ce mouvement promoratoire sur l’uranium profite de la vague d’indignation des québécois contre la filière des gaz de schiste. Les québécois réalisent que la prédominance du droit minier, le « Free Mining », et de nombreux autres archaïsmes coloniaux, nécessitent une réforme en profondeur de la Loi sur les Mines du Québec, dont celui de l’instauration d’un moratoire permanent contre l’exploration et l’exploitation de l’uranium au Québec. 

François Lapierre

Porte parole sur les mines, l’uranium et le nucléaire pour

L’Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides : www.apehl.ca

et du Réseau Québécois des Groupes Écologistes www.rqge.qc.ca

Téléphone : 819-623-3594

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