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Vers une commercialisation des isotopes médicaux

http://www.lapresse.ca/la-tribune/economie-et-innovation/201502/17/01-4844843-vers-une-commercialisation-des-isotopes.php 

Vers une commercialisation des isotopes

La Tribune (Sherbrooke, Qc) Par: Marie-Christine Bouchard Date: 2015-02-17

La demande mondiale en technétium (99mTc) est d'environ 40 millions de doses par année. Les scientifiques prévoient même qu'elle augmentera de 15 % au cours des dix prochaines années à cause du vieillissement de la population.

Or, toutes les doses proviennent actuellement de cinq réacteurs nucléaires situés dans cinq pays différents, dont l'un en Ontario, mais tous ces réacteurs ont maintenant plus de 50 ans et arrivent donc à la fin de leur vie utile.

Les deux cyclotrons du CHUS produisent actuellement quelques doses par semaine, suffisamment pour répondre aux besoins des essais cliniques. D'ici 2016, le CHUS vise à être autosuffisant pour tous ses besoins et, ainsi, ne plus acheter d'isotopes créés par des réacteurs nucléaires.

L'étape suivante? « Entre 2016 et 2018, le CRC vise à aménager les infrastructures pour se préparer à la commercialisation de ses isotopes », ajoute William Fraser, directeur scientifique du CRCHUS. En 2018, les isotopes produits à Sherbrooke pourraient être utilisés dans d'autres hôpitaux du Québec et même ailleurs au Canada.

La production d'isotopes par cyclotron est aussi peu coûteuse comparée à l'investissement que représenterait la construction d'un réacteur nucléaire.

« Il faut miser sur cette technologie. La fermeture prévue de certains des principaux réacteurs nucléaires prochainement créera un déséquilibre dans la chaîne d'approvisionnement. Il faut être prêt à répondre aux besoins croissants en examens diagnostiques pour les patients », a expliqué le Dr William Fraser.

Une commercialisation à définir

Impossible de savoir comment s'organisera cette commercialisation des isotopes produits par les cyclotrons sherbrookois. Y aura-t-il un agrandissement un jour du CRC afin de faire de la place à un autre cyclotron? « C'est possible, on pourrait en arriver là », dit le Dr Éric Turcotte.

Pour le reste, rien n'est encore clairement décidé. Impossible de savoir s'il serait envisageable, par exemple, de créer une entreprise où seraient produits les isotopes pour tout le pays, par exemple. « Nous sommes à monter un plan d'affaires. Nous en sommes au tout début », précise Sylvie Vallières du service des communications du CHUS.

Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Greg Rickford, a pour sa part avancé une hypothèse : « Est-ce qu'on pourrait avoir des cyclotrons, qui sont plus petits que des centrales nucléaires, dans différentes régions afin que le produit puisse être disponible plus facilement? Tout ça reste à voir. »

Il faut préciser que le technétium (99mTc) se dégrade en quelques heures après sa fabrication.

 

http://ici.radio-canada.ca/regions/estrie/2015/02/16/003-production-isotopes-avancee-majeure-chus.shtml

Voir les deux vidéos sur le site

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Radio-Canada

Isotopes : avancée majeure au Centre de recherche du CHUS

Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke CHUS (CRCHUS) ont révélé que le technétium produit par cyclotron était équivalent à celui produit par réacteur nucléaire. Selon une étude dévoilée lundi, l'approvisionnement futur en isotopes médicaux pourra se faire au moyen d'une technologie verte. 

« Nous sommes fiers de présenter les premiers résultats de cette étude clinique réalisée auprès de personnes atteintes de troubles de la glande thyroïde. Nous avons eu l'approbation de Santé Canada pour cette étude en juillet 2014. Les images du premier patient ont été réalisées le 23 septembre 2014 pour un total, à ce jour, de 11 patients qui ont été injectés avec le technétium par cyclotron dans le cadre d'examens diagnostiques prescrits », a expliqué le Dr Éric Turcotte, nucléiste au CHUS et chercheur au CRCHUS.

Selon lui, les résultats sont concluants. « Les images obtenues avec le technétium produit par notre cyclotron sont équivalentes à celles produites par un réacteur et elles nous ont permis d'effectuer un diagnostic précis. Aucun patient n'a eu d'effet secondaire », ajoute-t-il. 

Qu'est-ce qu'un isotope? Un isotope médical est une substance radioactive sûre qu'utilisent les professionnels de la santé pour diagnostiquer certaines affections du cœur, du système circulatoire et des organes. Le technétium est l'isotope le plus largement utilisé pour l'imagerie médicale; 80 % des diagnostics en médecine nucléaire sont établis au moyen de cet isotope. Il joue un rôle essentiel pour les diagnostics des maladies cardiaques, et il est également utilisé pour les diagnostics du cancer par le biais des scintigraphies des os et d'organes. Source : Ressources naturelles Canada
 
Le cyclotron du CHUS  Photo :  CRCHUS

L'équipe du Dr Turcotte souhaite maintenant expérimenter le technétium pour effectuer des examens plus complexes en médecine nucléaire, comme une évaluation de la contractilité myocardique ou des études de ventilation destinées aux études sur l'embolie pulmonaire. 

Selon les experts, la demande en technétium augmentera de façon importante au cours des 10 prochaines années. Selon l'équipe du CRCHUS, la production de technétium peut pallier les besoins. Elle ne produit pas de déchets nucléaires, ce qui en fait la technologie verte de l'avenir. Elle est aussi peu coûteuse par rapport à l'investissement que représenterait la construction d'un réacteur nucléaire.

« Il faut miser sur cette technologie, d'autant plus que les cinq principaux réacteurs nucléaires qui produisent près de 80 % des besoins en technétium dans le monde ont plus de 50 ans de service. Plusieurs arrivent à la fin de leur vie utile. La fermeture prévue de certains d'entre eux prochainement créera un déséquilibre dans la chaîne d'approvisionnement. Il faut être prêt à répondre aux besoins croissants en examens diagnostiques pour les patients », rappelle le directeur scientifique du CRCHUS, le Dr William Fraser. 

Les cinq principaux réacteurs nucléaires actifs dans le monde 

  • NRU, Chalk River (Ontario, 1957)
  • OSIRIS (France, 1966)
  • HFR de Petten (Pays-Bas, 1961)
  • BR2 (Belgique, 1961)
  • SAFARU (Afrique du Sud, 1965)

    « Les images obtenues avec le technétium produit par notre cyclotron sont équivalentes à celles produites par un réacteur nucléaire », affirme Dr Éric Turcotte.  Photo :  CRCHUS

Vers la commercialisation

Cette étude représente une première étape vers la commercialisation du technétium. « Nous avons démontré la faisabilité du processus et confirmé l'équivalence du technétium produit par cyclotron en comparaison à celui produit par réacteur nucléaire. Nos efforts sont actuellement concentrés sur la mise en place d'une production à plus grande échelle et d'une structure de distribution des isotopes vers les centres hospitaliers de la région et du Québec pour 2016 », affirme la chercheuse Brigitte Guérin­.

Au total, près de 4 millions de dollars ont été investis dans ce projet de recherche. 

Le technétium en quelques chiffres

  • Le technétium est utilisé dans plus de 85 % des examens diagnostiques en médecine nucléaire, dont l'imagerie cardiaque et la scintigraphie osseuse. 
  • La demande mondiale de technétium est estimée à 40 millions de doses par année. 
  • La demande mondiale augmentera de 15 % au cours des dix prochaines années. 

 

http://www.ledevoir.com/societe/sante/432063/des-patients-ont-recu-les-premiers-diagnostics-poses-grace-a-des-isotopes-quebecois-produits-par-cyclotron

Des patients ont reçu les premiers diagnostics posés grâce à des isotopes québécois produits par cyclotron

17 février 2015 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
 
Pour l’instant, les tests cliniques ont été circonscrits à des examens de la glande thyroïde. Le Dr Turcotte souhaite maintenant passer à des tests d’imagerie du coeur ou des os, par exemple.

Les isotopes médicaux produits au cyclotron de Sherbrooke ont permis de poser leurs premiers diagnostics chez des patients. Cette première renforce l’espoir de répondre aux besoins des hôpitaux québécois en cas de pénurie mondiale, si un ou plusieurs réacteurs nucléaires qui produisent du technétium devaient fermer, dont celui de Chalk River, en Ontario, qui doit cesser ses activités en 2018.

En fonction depuis 2012, le cyclotron estrien avait jusqu’à maintenant prouvé sur papier et avec animaux de laboratoire que ses isotopes étaient aussi valables que ceux qui proviennent de réacteurs nucléaires pour poser des diagnostics en médecine nucléaire.

Les 11 patients chez qui la technologie a été testée cet automne ont tous eu un diagnostic clair. « On a vu les hyperthyroïdies, des inflammations, des cancers, aussi clairement qu’avec l’isotope en provenance d’un réacteur », se réjouit le Dr Éric Turcotte, clinicien et chercheur au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Les patients n’ont souffert d’aucun effet secondaire. « D’un point de vue biologique, le corps répondait de la même façon et, du point de vue de l’imagerie et de sa qualité, il n’y avait aucune différence », rapporte le Dr Turcotte.

Pas étonnant en soi, puisque le technétium produit par cyclotron est identique à celui en provenance, par exemple, du réacteur de Chalk River, dit-il.
 
Pour l’instant, les tests cliniques ont été circonscrits à des examens de la glande thyroïde. Santé Canada avait donné son autorisation pour ces derniers. Le Dr Turcotte souhaite maintenant passer à des tests d’imagerie du coeur ou des os, par exemple.

« Nous avons un isotope produit localement qui est très sécuritaire », résume le chercheur. Il voit la possibilité de produire du technétium au Québec comme une police d’assurance.

En 2009, la fermeture pendant 15 mois du réacteur nucléaire de Chalk River avait causé une véritable crise des isotopes, la conjoncture mondiale entraînant une pénurie qui donnait des maux de tête aux médecins, forcés de donner priorité aux patients urgents.

Ottawa a annoncé au début du mois le prolongement de la vie du réacteur de Chalk River jusqu’au 31 mars 2018. Le gouvernement fédéral estime « improbable » l’éventualité d’une nouvelle pénurie. Le réacteur devait initialement fermer en 2016.

La production mondiale va bien, confirme le Dr Turcotte. Si une urgence survenait, le cyclotron pourrait répondre à 50 % des besoins de la province, estime-t-il. Pendant qu’un réacteur nucléaire peut fournir les hôpitaux d’un continent entier.

« Le cyclotron est une technologie qui va continuer à susciter de l’intérêt, croit le chercheur,mais ça va aussi dépendre du marché. Mais si demain nous en avons besoin, il est là, et il peut subvenir aux besoins des patients qui ne peuvent attendre pour leur examen. »